Il suffit de quitter l’autoroute au sud de Lyon pour sentir le paysage changer. La lumière devient plus chaude, les cyprès apparaissent, le mistral traverse les vignes et, à Châteauneuf-du-Pape, le Château Maucoil et son domaine de 1544 surgissent comme un espace à part dans le paysage rhodanien.
L’approche bourguignonne ne peut qu’apporter quelque chose d’intéressant à nos vins.
Aurélie Lardet, directrice commerciale Château Maucoil
Ici, tout semble raconter une histoire ancienne. Une source naturelle cachée dans une grotte au pied du château. Des vestiges romains disséminés sur le domaine. Une bâtisse offerte en 1624 par le prince d’Orange à son archiviste. Et, surtout, des vignes presque centenaires, dont certaines furent plantées dès 1895.
Un site multiséculaire
« Quand on arrive à Maucoil, on ressent tout de suite qu’on est sur un lieu historique, puissant », raconte Aurélie Lardet, directrice commerciale du domaine, le regard passionné. Bourguignonne d’origine, passée par Dijon et la Saône-et-Loire avant de rejoindre la vallée du Rhône, elle parle du château avec autant de précision que d’attachement. Car Maucoil n’est pas un domaine comme les autres à Châteauneuf-du-Pape. Là où beaucoup de propriétés travaillent sur des parcelles dispersées, le château conserve une forme d’unité presque provençale : un vaste écrin de vignes, de bois, d’oliviers et de biodiversité autour de la demeure. Une singularité qui change immédiatement le rapport au lieu. On s’y sent bien.

Un vignoble préservé
Les visiteurs viennent autant pour les vins que pour cette sensation d’espace, de beauté et de calme. Ici, les dégustations commencent souvent dehors, au milieu des galets roulés et des sables du plateau. Parce qu’on parle des sols avant de parler des vins, on admire les rangs avant de déguster. « À Maucoil, on fait le tour des vignes. On montre les sols. On explique le lien entre le terroir et le vin », raconte Gabriel Monier, directeur technique – et amoureux du terroir. Une approche presque bourguignonne dans une appellation historiquement construite autour des cépages. Et c’est justement là que le lien avec la Bourgogne se tisse, dans le respect des terroirs et des traditions. Une note de Bourgogne dans une partition de Châteauneuf‑du‑Pape.

Quand la région de la Côte-d’Or rencontre celle de la Côte d’azur
Depuis le rachat du domaine par le Dijonnais Jean-Philippe Girard en 2022, Château Maucoil assume pleinement cette double culture. L’entrepreneur bourguignon s’est même entouré de Pierre Vincent, ancien directeur des domaines Anne Claude Leflaive et de La Vougeraie, et figure reconnue et admirée des grands vins de Bourgogne, pour accompagner le nouveau chapitre du Château.

L’objectif n’est pas de transformer Châteauneuf-du-Pape en coin de Bourgogne, mais plutôt d’apporter une lecture plus parcellaire, plus précise et plus élégante des terroirs de Maucoil. « Ces terroirs ont été entièrement cartographiés et analysés », explique Pierre Vincent. Une philosophie qui dialogue naturellement avec les climats bourguignons mais qui reste rare à Châteauneuf-du-Pape, où l’assemblage des treize cépages historiques reste la norme. « Nous continuons cependant à faire vivre ces treize cépages avec passion, fidèles à la cité historique de Châteauneuf-du-Pape », précise Aurélie Lardet.

« Tous les Châteauneuvois se remettent en question aujourd’hui, pour aller vers des vins plus fins, plus élégants, explique la directrice commerciale. L’approche bourguignonne ne peut qu’apporter quelque chose d’intéressant à nos vins. » Cette tension entre tradition rhodanienne et sensibilité bourguignonne donne aujourd’hui à Maucoil une identité unique. Des vins solaires, bien sûr, mais avec une recherche de fraîcheur, de finesse et de buvabilité qui surprend souvent les amateurs de Bourgogne. Sans parler de la façon dont la robe et l’élégance des blancs invitent à la dégustation.
Mais le vignoble n’est pas le seul atout de Château Maucoil. Les terrasses ouvertes sur les vignes. Les vieux grenaches qui montent presque à hauteur d’homme. Les soirées de mai ou de septembre, quand la chaleur redescend et que le mistral laisse place au silence. À Maucoil, le Sud garde l’accent du Rhône, mais il parle aussi le langage de la Bourgogne.
Et c’est dans cet écrin que la table de Maucoil fait renaître le château, qui accueillera bientôt un nouveau chai et, qui sait, peut-être bientôt un projet œnotouristique, à l’image du quatre étoiles Bellevigne Bourgogne. De quoi donner une nouvelle vie à un lieu lumineux, mythique et symbolique d’une appellation chargée d’âme et d’histoire.
CHÂTEAU MAUCOIL
Chemin de Maucoil à Orange
chateau-maucoil.com

