À Dijon, Corentin Kaisermann a imaginé sa propre épreuve, à la croisée du running et du fitness. Un format hybride qui grandit vite, sans jamais perdre cette envie première de rassembler. Son nom : Altaya.
Ces dernières années, un mot revient souvent dans les salles de sport : Hyrox. Né en Allemagne en 2017, le format mélange course à pied et exercices fonctionnels, dans une ambiance à mi-chemin entre compétition et bootcamp. Les événements se multiplient, les inscriptions explosent, et partout en France, les salles s’adaptent. À Dijon, pourtant, quelqu’un avait pris un peu d’avance. En 2023, dans une salle de Fontaine-lès-Dijon, un format similaire voit le jour. Altaya est né. L’idée ressemble, mais l’esprit diffère. Ici, pas question de reproduire, mais plutôt de proposer autre chose, à taille humaine, avec une identité propre.
Je voulais montrer que tout le monde peut le faire.
Corentin Kaisermann, fondateur d’Altaya
Derrière Altaya, il y a Corentin Kaisermann. Grand gaillard, large d’épaules, sourire facile. Le sport, chez lui, n’a jamais été une option. D’abord le football, puis l’athlétisme. « J’ai toujours eu besoin de bouger », dit-il simplement. Arrivé jeune en Côte-d’Or, il suit une formation au CREPS, passe son BPJEPS. L’école, ce n’était pas vraiment son terrain. Le sport, si. « Au départ, je voulais être prof de sport. Et puis j’ai découvert la musculation, un peu par hasard. Mon père en faisait. Ça m’a accroché tout de suite. » Quelques années
plus tard, il ouvre sa salle, Myfiit. Un projet construit sur une idée claire : accompagner autrement. Des petits groupes, entre coaching personnalisé et dynamique collective. « Je ne voulais pas d’une salle impersonnelle. Ce qui m’intéresse, c’est l’ambiance. » Très tôt, il met en place des circuits training, mélange les formats, s’inspire de plusieurs disciplines. Bien avant que le mot Hyrox ne devienne tendance. « J’ai pris ce que j’aimais dans le triathlon, le 10 km, le marathon… et j’ai essayé d’en faire quelque chose de cohérent. »
Altaya naît presque naturellement. Au départ, c’est un événement pour faire vivre la salle. Puis très vite, autre chose se passe. « Sur les réseaux, on voit surtout des gens très forts, très performants. Moi, je voulais montrer que tout le monde peut le faire. » La première édition, en juin 2023, reste modeste. Puis les lieux changent, et l’ampleur avec. La BA102, le Stade Gaston-Gérard, la Toison d’Or… Et cette année, le Jardin Darcy. Un décor plus ouvert, presque inattendu pour ce type d’épreuve, mais fidèle à l’idée de départ : surprendre, rassembler, faire bouger les lignes. Altaya, au fond, tient en peu de mots : « Une course exigeante, mais accessible ». La suite, il la voit plus grande, plus loin. D’autres villes, peut‑être , une marque qui circule, mais sans oublier là où tout a commencé.

