DFCO • En Ligue 2

4 min

Publié le 22 juillet 2026

Le vendredi 15 mai, au stade Gaston-Gérard, le DFCO a fêté avec son public sa montée en Ligue 2, mais surtout son titre de champion de National 1 après une saison d’anthologie. Au cœur de cette soirée, il y a aussi l’histoire d’un président qui a racheté un club en crise en suivant une intuition presque irrationnelle, et qui parle aujourd’hui davantage d’émotions collectives que de calculs.

Avant les fumigènes, les tribunes pleines et les joueurs qui soulèvent la coupe de National, il y a eu une main gauche posée sur une petite chouette en pierre. Pierre-Henri Deballon venait de reprendre le DFCO. Le club coulait doucement, Dijon regardait ailleurs et lui traversait encore cette drôle de période où l’on se demande si l’on n’a pas fait une énorme erreur. Alors il est allé vers la place Notre-Dame, comme beaucoup de Dijonnais avant lui. Main gauche sur la Chouette, il fait un vœu : « Que le club se sorte de cette situation, qu’il retrouve son âme d’antan et qu’on aille le plus haut possible ». Le plus haut possible, chez lui, ça peut vite devenir la Ligue des champions. Il le dit en rigolant, puis plus vraiment. Lui assure simplement qu’il aime « les rêves un peu fous ». Avant ce rêve, il y avait déjà celui de la Ligue 2. C’est désormais chose faite depuis le 15 mai dernier.

Gaston-Gérard recommence à vibrer : plus de douze mille personnes garnissent désormais les tribunes, les supporters reviennent après des années de désamour, pendant que leur président préfère parler d’émotions collectives plutôt que de stratégie de marque. « Des gens m’ont écrit pour me dire qu’ils avaient pleuré au stade, raconte-t-il encore avec une forme d’étonnement. Franchement, ça, c’est totalement fou. » Ce qu’il
cherche depuis le début, au fond, c’est ça : refaire du DFCO une histoire dijonnaise.

Quand tu vis des moments comme ça, t’as juste envie que ça recommence.

Pierre-Henri Deballon, président du DFCO

Un pari un peu fou

Normalement, les entrepreneurs qui réussissent cherchent un peu de calme. Ils achètent une maison quelque part, lèvent le pied, prennent du recul. Pierre-Henri Deballon, lui, a racheté un club en crise. Avec le recul, il reconnaît d’ailleurs que la décision n’avait rien de raisonnable. Au début, il dit avoir « beaucoup regretté ». Il découvre un club économiquement fragile, des décisions difficiles à prendre, des licenciements, les tensions autour de l’équipe féminine et cette impression permanente d’avancer sous le regard des autres. Lui qui dirige pourtant une entreprise bien plus importante en taille et en chiffre d’affaires se retrouve soudain exposé comme jamais.

Mais il y revient toujours. À cette sensation particulière que procure le football. Cette montée d’adrénaline qu’il compare lui-même à une drogue. « Quand tu vis des moments comme ça, t’as juste envie que ça recommence. » Depuis le titre et la remontée en Ligue 2, il voit surtout une ville qui commence à se reconnaître à nouveau dans son club. Les supporters reviennent et le DFCO redevient un sujet de discussion heureux dans les cafés, les familles ou les bureaux.

Construire dans la durée

Quand il parle de la saison prochaine, Pierre-Henri Deballon refuse pourtant les envolées. Il sait que la Ligue 2 peut très vite ramener tout le monde sur terre. « Il faut déjà qu’on fasse bonne figure », explique-t-il prudemment. Puis son tempérament de compétiteur reprend le dessus : « Après, quand tu commences une compétition, t’as envie de la gagner. » Il sait aussi que l’euphorie peut disparaître aussi vite qu’elle est revenue. Que dans quelques mois, si les résultats tournent mal, les compliments laisseront place aux critiques. Alors il s’accroche à une ligne simple : construire dans la durée. Garder des joueurs qui incarnent quelque chose aux yeux du public, comme Julio Tavares, Quentin Bernard ou Jordan Marié.

Et puis il y a cette idée qui le fait encore sourire. Installer des répliques de la Chouette à l’entrée de Gaston-Gérard pour que les supporters puissent les toucher avant les matchs, pour porter bonheur. Au fond, son projet tient peut-être dans cette image-là : des milliers de mains tendues avant un match, un vieux symbole dijonnais transmis jusqu’aux portes du stade et tout un public qui recommence à rêver.

Pierre-Henri Deballon, président du DFCO (Jonas Jacquel)
Contributeurs
Photos
Vincent Poyer / DFCO, Jonas Jacquel
Texte
Quentin Scavardo

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