Dijonctés • Tout seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin

3 min

Publié le 21 juillet 2026

Ils étaient six au départ, ils sont plusieurs centaines aujourd’hui. Deux fois par semaine, les Dijonctés transforment Dijon en piste de course géante. Derrière ce collectif devenu phénomène, Antoine et Augustin, deux étudiants en médecine qui ont remis du lien et du souffle à la ville.

Le mardi et le jeudi, à Dijon, il suffit de tendre l’oreille. Un bruit de pas qui se rapproche, des voix qui montent, et puis la rue de la Liberté qui se remplit d’un seul coup. Ils arrivent par vagues, se rassemblent, puis s’élancent ensemble. Le temps d’un instant, la ville ralentit pour les regarder passer. Ils s’appellent les Dijonctés. Et depuis quelques mois, ils ont imposé leur rythme. Au point de ralliement, la Porte Guillaume fait office de ligne de départ et de retour, comme un repère immuable.

Ce qui compte, c’est de courir ensemble, dans la bonne humeur et en sécurité.

Antoine Loth, cofondateur des Dijonctés

À l’origine, pourtant, il n’y avait pas de foule. Juste deux silhouettes : Antoine Loth et Augustin Cheynel. Étudiants en médecine, agenda serré, et ce besoin simple de respirer autrement. « On avait besoin de ça, de sortir, de courir, de voir du monde aussi », raconte Augustin. L’idée vient comme ça : ouvrir le cercle, proposer un rendez-vous, voir qui vient. Dans une époque obsédée par la mesure — le chrono, la distance, la progression — les Dijonctés prennent le contre-pied. Courir devient un prétexte. À la rencontre, à la discussion, à l’appartenance : une sorte de sociabilité en baskets. En janvier 2025, ils sont six au départ. Antoine s’en souvient bien : « Au début, on ne savait même pas si ça allait tenir dans le temps. » Et puis les semaines passent, le groupe grandit, les visages se multiplient et changent, le point de départ, lui, reste le même. Aujourd’hui, ils sont plusieurs centaines à se retrouver chaque semaine. Tous les profils, tous les rythmes. Certains viennent pour s’entraîner, d’autres pour se vider la tête. « Ce qui compte, c’est de courir ensemble, dans la bonne humeur et en sécurité », résume Antoine. Le mouvement a pris une autre dimension à l’automne. En septembre, ils se mobilisent pour Septembre en Or, avec le CHU de Dijon. Près de mille personnes au départ pour soutenir la recherche pour les cancers pédiatriques. En octobre, même élan avec l’opération Tout Dijon Donne de l’Établissement Français du Sang.

Et puis il y a la suite. Le 5 septembre 2026, ils lancent leur propre course : La Dijonctée, autour du Fort Carnot de Hauteville-lès-Dijon. Un format en duo, des boucles à répéter, une règle simple : rester ensemble. « On voulait quelque chose qui nous ressemble », explique Antoine. Les dossards sont partis en moins de 48 heures. Depuis, les rendez-vous du mardi et du jeudi continuent. Même heure, même point de départ. Et cette même impression, quand ils passent : celle d’une ville qui bouge, ensemble.

Contributeurs
Photos
Edgar Charchaude
Texte
Quentin Scavardo

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